26/10/2017

Motiver la génération du baby-boom

La génération du baby-boom, qui appartient à la population active depuis des dizaines d’années, n’a pas l’intention de tirer sa révérence de sitôt. Mais comment les entreprises peuvent-elles tirer le meilleur parti de leurs baby-boomers ? Réponse : en leur proposant des horaires flexibles, des avantages et récompenses adaptés à leurs besoins, mais aussi l’opportunité de transmettre leur expérience au titre du mentorat intergénérationnel.

Il est peut-être fini le temps des folles équipées dignes d’Easy Rider, des babas cool et du retour à la nature, mais la génération du baby-boom continue de faire sentir sa présence dans le monde, et plus particulièrement dans celui du travail.

Après avoir défié l’ordre établi par tant d’aspects dans leurs jeunes années, les baby-boomers déjouent aujourd’hui les attentes en matière de départ à la retraite. Oubliez les charentaises et fauteuils à bascule : aux États-Unis, 66 % des baby-boomers continuent de travailler après 65 ans, ou en ont l’intention, voire n’envisagent même pas la retraite pour plus tard. La nécessité de faire face aux dépenses du quotidien, les frais de santé et/ou les droits d’inscription à l’université de leurs enfants pèsent pour beaucoup dans cette décision de continuer à travailler. La situation est quelque peu différente en Europe, où les régimes publics d’assurance maladie et de retraite font que les actifs sont plus enclins que leurs homologues américains à arrêter de travailler, passé la soixantaine.

 

Une mine de connaissances

Et pourtant, cette génération a beaucoup à offrir à ses employeurs, notamment une perspective différente en termes d’aspirations et de besoins professionnels. Les baby-boomers sont généralement les dépositaires d’un riche savoir sur leur secteur d’activité, et sur leur entreprise lorsqu’ils ont beaucoup d’ancienneté dans la maison. À travers des programmes de mentorat, cette précieuse expertise est de plus en plus mobilisée pour former de plus jeunes cadres à haut potentiel. Certaines entreprises encouragent même les seniors tentés par la retraite à conserver des fonctions de consultants à temps partiel, pour former la relève et ainsi contribuer à la continuité de l’activité.

 

Un désir de flexibilité

Si l’intérêt de retenir les baby-boomers dans l’entreprise ne fait pas de doute, quel est le secret pour que leur motivation reste intacte ? Il faut bien cerner leurs besoins spécifiques, qui diffèrent de ceux des autres générations, leur désir de flexibilité des horaires de travail arrivant en tête. Selon une étude publiée par la Harvard Business Review, 87 % des baby-boomers jugent la flexibilité au travail importante. Cela s’explique en partie par le fait que 71 % d’entre eux jonglent avec les besoins de plusieurs générations au sein de leur famille, mais aussi parce que la flamme de l’idéalisme continue d’animer nombre d’entre eux : ils sont 55 % à donner de leur temps pour soutenir des causes environnementales, culturelles, ou liées à l’éducation ou la formation, entre autres.

 

Offrir des récompenses adaptées

Les programmes d’incentives et de récompenses constituent un autre levier de motivation des baby-boomers, domaine dans lequel leurs goûts et ceux des générations X ou Y divergent. Une enquête menée par World at Work, par exemple, montre que les jeunes générations accordent plus d’importance aux évolutions de carrière que leurs aînés. Pour produire leur effet, les avantages offerts doivent être adaptés au profil-type d’un baby-boomer. Comme l’indique une étude publiée par Sodexo, il n’y a guère d’intérêt à offrir une échappée en voiture de sport ou un après-midi de roulades à flanc de colline dans une sphère en plastique (zorbing) à un collaborateur de 60 à 70 ans, aussi tentante cette perspective soit-elle pour la génération Y. À l’opposé, des prestations de santé, des chèques-voyage ou une escapade d’une journée vers une destination ciblée peuvent être très appréciés. Tout l’enjeu est de définir un programme d’avantages et récompenses qui reconnaisse la valeur des baby-boomers et tout en leur donnant un sentiment d’appartenance.

Forts de leurs connaissances et de leur expérience du monde du travail, les baby-boomers peuvent être eux aussi acteurs du succès de toute organisation. Ils ont plus que leur expertise à faire valoir : les baby-boomers aident les entreprises à cultiver leur diversité, à l’image de la variété de profils qu’abrite une entreprise mondiale. Tout ce qu’il leur faut, c’est le bon type de récompenses… et peut-être qu’il leur restera encore un peu de temps pour aller se ressourcer dans la nature…

 

FOCUS – 3 QUESTIONS À

Les baby-boomers jouent un rôle important au sein de Circles, une filiale du groupe Sodexo spécialisée dans les services de conciergerie. Sophie Belval-Sautelet, qui en est la Vice-Présidente des Ressources humaines, nous fait part de son expérience avec la génération du baby-boom.

Quel rôle les baby-boomers jouent-ils au sein de Circle en France ?

Sophie Belval-Sautelet : Environ 13 % de nos collaborateurs sont des baby-boomers : salariés à temps plein ou partiel, ils ont entre 53 et 65 ans et travaillent essentiellement sur site, au sein d’entreprises où ils assurent nos services de conciergerie. Beaucoup de ces recrues arrivent chez nous parce qu’elles aspirent à un changement de carrière, qui soit un compromis entre la retraite et le maintien d’une forme d’activité. Pour d’autres, c’est une façon de se réinsérer sur le marché du travail, dans le cadre du soutien qu’apporte Sodexo à des groupes comme FACE (Fondation Agir Contre l’Exclusion) et l’association Force Femmes, qui viennent en aide aux personnes victimes d’exclusion.

Quels sont les besoins des baby-boomers ?

Ceux qui choisissent le temps partiel aspirent à une flexibilité des horaires de travail, qui leur permette de rendre visite à leurs enfants et éventuellement de garder leurs petits-enfants. Mais au travail, ils n’ont pas d’exigences particulières.

C’est l’ambiance « familiale » qui les séduit et aussi, tant pis pour le cliché, l’occasion de se familiariser avec les nouvelles technologies et formes de communication.

Quels atouts les baby-boomers ont-ils à jouer ?

Ils possèdent une grande expérience, connaissent bien le monde des grandes entreprises et sont aussi impliqués que dignes de confiance. Ils sont plus fidèles, dans la mesure où ils n’aspirent pas vraiment à gravir de nouveaux échelons et ont un réel désir de travailler en collectif, d’aider leurs prochains et de faire profiter les autres de leurs connaissances. Enfin, ils contribuent à la diversité du personnel, un véritable atout pour l’entreprise.

 

 

 

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